éditoVœux 2026 : la rédaction vous souhaite une bonne année queer !

Par têtu· le 31/12/2025

Avec les élections municipales en mars, et le démarrage de la campagne pour la présidentielle de 2027 qui s'annonce sous les pires auspices, l'année 2026 sera politique. Alors on ne baisse pas les bras, on serre les rangs, et en avant ! Meilleurs vœux à vous qui nous lisez.

  • La reconnaissance du passé homophobe de la France

Déposée au Sénat en 2022, année des 40 ans de la dépénalisation de l'homosexualité en France, la proposition de loi visant à reconnaître la persécution des homosexuels par la police de 1942 à 1982 a atteint la dernière ligne droite de son parcours législatif. Ce mois de décembre, l'Assemblée nationale l'a ainsi adoptée en deuxième lecture, rétablissant au passage le principe d'une réparation financière pour les victimes toujours vivantes de cette homophobie d'État. Afin que la proposition devienne rapidement une loi, le Sénat doit céder sur ce dernier principe en commission mixte paritaire ; si les deux chambres n'y trouvent pas d'accord, la proposition devra encore poursuivre sa navette parlementaire pour une troisième lecture, à l'issue de laquelle l'Assemblée aura le dernier mot. Et si on arrêtait de traîner ? Les victimes ne rajeunissent pas.

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  • L'autodétermination de genre en mairie

Depuis le temps que têtu· réclame une loi de simplification du changement de genre à l'état civil, suivant l'exemple de l'Espagne ou de l'Allemagne… Chez nous, l'idée fait consensus à gauche. Mais Emmanuel Macron ayant abandonné son engagement, pris en 2022 auprès de têtu·, d'abolir les complications administratives inutiles pour les personnes trans, il faut trouver d'autres voies. Or, on le sait depuis le mariage de Bègles, quand Noël Mamère a bravé la loi pour unir dès 2004 un couple gay : les maires ont aussi un rôle à jouer dans l'avancée des droits LGBT+. C'est fortes de cette conviction qu'une vingtaine de personnalités candidates aux élections municipales de mars 2026 se sont engagées, via un manifeste publié dans le magazine têtu· de cet hiver, à contrevenir à leur tour à la loi pour accepter le changement de genre à l'état civil en mairie. En 2026, on désobéit pour avancer !

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  • La diffusion de la PrEP injectable en Afrique

Depuis l'arrivée en 1996 des première trithérapies, la lutte contre le VIH a fait des pas de géant. En France, les objectifs pour 2030 sont en passe d'être atteints dès 2026, notamment en Île-de-France, à condition de ne pas baisser les bras et de continuer à informer les jeunes. En 2024, la confirmation de l'efficacité de la PrEP injectable, qui offre une protection totale en seulement deux piqûres par an, a représenté une nouvelle révolution de la recherche contre le sida qui permet enfin d'entrevoir la fin de l'épidémie. Mais pour que cet espoir ne reste pas à l'état de mirage, encore faut-il pouvoir délivrer le traitement dans les pays les plus touchés, qui sont aussi à revenu faible, en particulier sur le continent africain. C'est possible : un générique du lenacapavir va pouvoir être distribué, dès 2027, dans 120 pays à moins de 40 euros. L'appel de la directrice exécutive de l'Onusida, Winnie Byanyima, doit être entendu : “Nous devons rendre les médicaments à action prolongée accessibles à tous les pays à faible revenu. Maintenant, pas dans six ans !” 

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  • La défaite de Viktor Orbán

Premier ministre de la Hongrie depuis 2010, Viktor Orbán n'a jamais été aussi menacé de perdre son poste. À l'approche des élections législatives prévues en avril 2026, le sondages le donnent perdant face à un opposant issu de son propre parti, Péter Magyar. L'ami de Donald Trump et de Marine Le Pen peut encore renverser la vapeur, mais la mobilisation populaire gagne du terrain contre son pouvoir autoritaire : alors que le réactionnaire en chef de l'Europe a cette année fait interdire toute manifestation LGBT dans l'espace public, la Pride 2025 de Budapest, à laquelle têtu· s'est rendu le 28 juin dernier, fut la plus importante de l'histoire du pays, devenant une gigantesque marche de contestation du pouvoir orbanien. Si 2026 pouvait reléguer le bonhomme aux oubliettes de l'histoire européenne…

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  • Le reflux des intentions de vote RN

En France, l'extrême droite présente aujourd'hui une particularité par rapport à ses alliés de Hongrie ou des États-Unis : après s'être systématiquement opposé jusqu'en 2017 à chaque avancée des droits LGBT, y compris le mariage pour tous et l'ouverture de la PMA aux lesbiennes, le parti de Marine Le Pen a changé son fusil d'épaule et drague désormais ouvertement le vote gay. Depuis 2022, ironie de l'histoire, c'est même le Rassemblement national qui comporte le plus grand nombre de parlementaires homos, et de loin. C'est qu'il a compris qu'après l'adoption de la loi Taubira, la sécurité a repris une place prioritaire dans les préoccupations LGBT, alors que les crimes et délits homophobes ne diminuent pas et que les guets-apens homophobes sont un phénomène grandissant. Espérons que la campagne municipale de 2026, prélude à la grande année électorale qui nous attend en 2027, permettra de lever le malentendu sur qui est vraiment à même de protéger les personnes LGBT+.

  • Une Pride historique

On ne le répétera jamais assez : la commu unie ne sera jamais vaincue ! Alors, pour faire échouer la vague réactionnaire, engageons-nous où nous le pouvons : dans les assos LGBT, en votant bien sûr, mais aussi dans nos Prides. Et si la prochaine marche des Fiertés de Paris – la dernière avant a séquence électorale de de 2027 – battait à son tour son record d'affluence, comme celle qui a valu à Budapest Pride le têtu· de l'association de l'année ? Dans la foulée de l'entrée au Panthéon, fixée au 16 juin, de Marc Bloch, l'historien juif résistant fusillé par la Gestapo en 1944, la séquence aurait de la gueule pour un mois des Fiertés engagé contre l'extrême droite. Et voilà qui rappellerait l'essentiel : au-delà des problématiques internes à la commu, ce qui nous rassemble est plus grand que ce qui nous divise.

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  • La ROPA pour les lesbiennes

2026, ce n'est pas encore 2027… S'il ne démissionne pas avant la fin de son mandat, Emmanuel Macron a donc encore une année pleine pour faire avancer quelques dossiers. Ne riez pas : c'est lors de la dernière année de son premier mandat, en 2021, que l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux lesbiennes et l'interdiction des "thérapies de conversion" avaient été votées. Le président de la République ayant changé d'avis sur le changement de genre (cf. plus haut), on lui suggère une autre idée de mesure facile à adopter : autoriser les lesbiennes en parcours de PMA à recourir au don d'ovocytes au sein du couple. Ça s'appelle la "méthode ROPA", et c'est déjà autorisé dans plusieurs pays européens. En 2020, le gouvernement s'y était opposé, mais il n'est jamais trop tard pour changer d'avis. Ça tombe bien : les prochains états généraux de bioéthique s'ouvrent en janvier !

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  • Une politique plus mature que la "guerre à la drogue"

Le constat n'est pas neuf : en termes d'efficacité des politiques publiques, la "guerre à la drogue" reste une impasse, en premier lieu sur le plan sanitaire où seule la prévention a fait ses preuves. Même l'Allemagne l'a compris, qui a légalisé l'an dernier la consommation de cannabis, une mesure que têtu· soutient depuis plusieurs années. Mais en France, le discours anti-drogue a pris cette année des accents encore plus martiaux que sous Gérald Darmanin, inlassable propagandiste du message "la drogue c'est de la merde" : il ne se passe désormais quasiment plus une semaine sans que l'un de ses successeurs, ou Emmanuel Macron en personne, n'accusent les fumeurs de joints d'être des assassins… Et si, en 2026, la France prenait à son tour le parti d'une réflexion un peu plus mature sur le sujet ?

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  • Un Mondial de foot qui énerve les homophobes

L'annonce a eu de quoi surprendre : lors de la Coupe du monde 2026 de football, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet dans trois pays hôtes d'Amérique du Nord (États-Unis, Canada et Mexique), la FIFA a désigné comme "Pride match" la rencontre prévue fin juin – le mois des Fiertés – entre… l'Égypte et l'Iran, soit deux États qui persécutent encore les homosexuels. Un progrès par rapport au dernier Mondial, en 2022, que la fédération internationale de foot avait carrément organisé dans un pays, le Qatar, où règne l'homophobie d'État et où même les jouets aux couleurs de l'arc-en-ciel sont prohibés. La décision a été rejetée "en termes absolus" par la fédération égyptienne de football, et jugée "irrationnelle" par son homologue iranienne. Alors, certes, personne n'imagine les mollahs se prendre d'amour pour le rainbow flag devant le match, mais l'homosexualité étant toujours passible de la peine de mort en Iran, on boit leur larmes comme du petit lait.

  • Une collab Gaga/Mylène

Tout est chaos, tout est mayhem ! Vous le savez, la rédaction aime proposer des performances musicales uniques, que ce soit sur la scène de la Cérémonie des têtu· ou dans les sessions lives que nous enregistrons avec des artistes (Piche, Marguerite, Lalla Rami, Bilal Hassani…). On aime aussi, dans nos vœux annuels, proposer des collaborations qui n'arriveront jamais mais qui nous font rêver le temps des fêtes : Paloma en première partie de Mylène, un duo Lil Nas X-Troye Sivan, Troye Sivan et Charli XCX en tournée européenne… Cette année, on revient à l'obsession Farmer en suggérant un duo au sommet, qui ne sort pas de nulle part : vous aurez remarqué que Lady Gaga, qui était en concert en France cette année, est dans une goth era qui n'est pas pour déplaire à notre rousse préférée, laquelle fête en 2026 les 40 ans de la sortie de son premier album, Cendres de lune. À défaut, on se contentera de la suite de "Telephone", la collab que nous doivent Gaga et Beyoncé depuis maintenant… 16 ans !

  • Un Heated Rivalry à la française

On aurait pu souhaiter un Boots à la française, mais la série gay (prude) de Netflix n'aura finalement pas de saison 2, et a de toute façon déjà été détrônée par le phénomène Heated Rivalry, série canadienne qui, elle, a choisi de faire monter la température… Or, si l'avènement des plateformes de streaming a largement démultiplié la visibilité LGBT+ sur nos écrans, force est de constater qu'aucune série queer à succès international, de Looking à Heartstopper en passant par The L Word ou Orange Is the New Black, n'est de production française. Nous avons les talents ! Si Fanny Herrero nous entend, on mettrait bien Théodore Pellerin et Arnaud Valois dans les bras l'un de l'autre…

  • Plein de dons à têtu· !

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Crédit photo : Xavier Murillon